Comme il semblerait que ce soit le sujet de l'heure, j'aimerais vous faire partager ce que j'ai vécu concernant ce sujet.
L'intimidation a tué mon enfance, littéralement. Elle m'a fait perdre mon innocence, mon sourire, mon amusement. J'ai commencé à me faire intimider en 1ère année du primaire! Pas le secondaire... le primaire, tu as quoi? 6 ans! J'étais nouvelle dans le petit village de Ste-Madeleine en Montérégie, je venais de Greenfieldpark et j'avais perdu mes amis en déménageant. Un garçon m'a poussée, je crois que c'était la première journée de classe ou quelque chose comme ça, et comme je suis partie à pleurer, les moqueries ont commencées.
Heureusement pour moi, je n'ai pas été victime de taxage, mais côté insulte, j'ai eu bien plus que mon quotas, ça vous pouvez me croire! J'étais tellement solitaire que l'on m'a même fait rencontrer un pédagogue, qui n'a rien trouvé de mal en moi, normal, ce n'était pas moi le problème! En 5e année, j'ai eue ma première amie à l'école, et avec elle, puis une 2e, nous avons développé notre imagination. Elle m'a appris à être indifférente, à me créer un monde de fantaisie ou nous étions des guerrières/princesses et affrontions milles dangers. Sans elles, ma vie aurait été bien triste!
Merci Valérie et Édithe.
Au secondaire, j'étais seule... l’intimidation a continué, j'ai essayé de me faire quelques amies, mais ça ne durait jamais. J'ai vécu 3 ans de merde à souffrir et à endurer les railleries, les moqueries, me faire pousser, frapper parfois même. Le trajet en bus était un calvaire et en pause ou en dîner, j'essayais de me cacher, de trouver un coin tranquille.
L'imaginaire et la poésie m'ont aidés à passer au travers, ce n'était pas facile et j'en ai bavé longtemps. Je crois que sans ma bulle d'imaginaire, sans le petit monde merveilleux que je m'étais créé, je serais morte aujourd'hui, en fait c'est même une certitude.
En secondaire 4 et 5 j'ai un peu plus appris à m'affirmer et à ne plus me laisser faire autant qu'avant et souvent à en être indifférente. Certaines journées étaient bien, mais parfois ça reprenait, j'ai même reçu une poubelle sur la tête en secondaire 5 par quelqu'un que je ne connaissait même pas. Heureusement un surveillant l'a pris sur le fait et il a été puni.
Ce n'est que quelques années plus tard (2-3) que j'ai réussit à me libérer un peu de ma bulle et tranquillement ai vaincu ma timidité et mes peurs.
J'ai 31 ans et malgré les années qui ont passées, juste en parler me fait monter les larmes aux yeux. C'est une plaie ouverte dans mon âme qui restera à jamais là. Malgré tout le temps qui peux passer, elle restera là et me fera toujours un peu mal.
Elle m'empêche d'avoir confiance en moi, de croire en moi, elle me freine, m'arrête constamment, elle me rabaisse, m'opprime, me dit que je ne suis pas assez bonne, assez belle, assez forte. Et je dois sans cesse la combattre afin de vivre ma vie, mais elle est là, en moi à tout jamais. Comme un vilain alter-ego qui sans cesse te démoraliserait, te disant que ce que tu fais ne sera JAMAIS assez!
Ceux qui me connaissent bien savent à quel point je manque de confiance en moi et savent à quel point j'ai put souffert et à quel point j'en souffre ENCORE AUJOURD'HUI!
Si je pouvais raisonner les jeunes, si je pouvais leur expliquer, leur faire comprendre à quel point ça détruit une vie, à quel point les séquelles que leurs paroles et leurs gestes laissent chez leur victime. J'aimerais pouvoir croire qu'en lisant ceci ils comprennent, j'aimerais pouvoir croire qu'il est facile de les raisonner, mais malheureusement la vie n'est pas un conte de fée... ça, "ils" me l'ont bien appris...

Je sais que la vie ne t'a pas gâter à ce niveau et que rien ne pourra réparer le tord qui t'a été fait. Si j'avais pu t'aider à te sortir de la coquille plus tôt, je l'aurai fait...
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